destinée maroc . 2.3

jours 5 & 6

Le sud du sud, ça devient chaud. La Mauritanie juste en dessous. Une autre violence. Les regards sur nous s’endurcissent. Hostilité. Nous ne sommes pas ajustés.
Pas de chambre d’hôtel, pas d’appartement pour nous. On nous sépare.

Il s’énerve. Il dit qu’il est marocain et qu’il sait comment on fait. Trouver une solution, seul évidemment, est une affaire d’honneur. Je me tais. Il trouve. Deux petites chambres et on nous a à l’oeil. Il paraît qu’il ne vaut mieux pas sortir le soir à Tan Tan plage.
Demain, direction Lâayoune, encore plus au sud. On ne renonce pas. On lance un défi.

On entre dans le Parc national de Khenifiss. On s’arrête en route là où des pêcheurs se construisent des maisons dans les falaises d’où ils lancent leurs filets.

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Il aime parler aux pêcheurs, il écoute leurs histoires. Ensuite il me les raconte.

Puis la mer rencontre le désert de sable. La lagune de Naïla. Un bras de mer qui s’étend sur plus de 20 kilomètres à l’intérieur du Sahara.
Pas de pêche; les poissons s’occupent à se multiplier. Il faut les laisser tranquille.

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Je voyage dans le pays du Maroc et dans les paysages de R. Moi je l’appelle Carlos. Si fier.
A chaque barrage il se fait des amis et collectionne les numéros de téléphone; si tas un problème, tu m’appelles!
Il me dit que les policiers se soucient surtout de ma sécurité et que – comme ça – ils peuvent nous suivre. Ce qu’ils font. Ils appellent de temps en temps pour prendre de nos nouvelles. Entre contrôle et sécurité, je m’amuse de tant d’attention.
Dans la voiture, il chante à tue-tête.

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A Lâayoune on se bat pour l’indépendance de la région. Il dit que si la guerre arrive, il s’est inscrit volontaire et ajoute « tu crois quoi, s’ils font du mal à mon pays moi je vais pas rester là comme une nana ».

On passe le barrage de l’immense port de pêcheur avec difficulté. C’est le passage pour la Mauritanie et nous n’avons rien à faire ici. Surtout nous. Il n’explique rien, il est si sûr de lui qu’ils nous laissent passer en souriant.
C’est jour de congé pour les pêcheurs, les bateaux sont là.

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Tous les regards se posent sur moi. Ici je suis une erreur,  une tache trop claire dans le paysage.  Je m’efface.

4 jours que personne ne me parle, je n’ai que lui.
Je me sens vulnérable. Déteinte. Oubliée.

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Pour que les choses changent dans notre vie, on doit accepter de laisser aller ce qui ne nous ressemble plus.

Nicole Bordeleau

30.0 & 1.10.16

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